Contrairement à ce qu'avance le tract de "PI", nous pensons (à "Temps critiques") que c'est justement parce que la classe ouvrière ne peut pas quitter sa place au sein du rapport social, et donc remettre en cause sa dépendance au pôle capital du rapport, que les syndicats gardent un rôle important. Dans la mesure où ils expriment la permanence de cette dépendance, leurs "trahisons" ne font que rendre compte de l'illusion que représente une perspective d'autonomie de la classe dans ce rapport social.
La solidarité à laquelle appelle PI n'est donc pas d'une nature fondamentalement différente de celle que prônent les syndicats. Elle ne s'en distingue que par la mise en avant de formes assembléistes censées représenter l'autonomie du mouvement (on a pourtant vu leurs limites dans différents mouvements récents en France) et par l'affirmation d'un "caractère de classe" de la solidarité ( immédiatement contredit, dans le langage même de PI, par une référence constante à "l'être humain" plutôt qu'au prolétaire).
"Mouvement Communiste" semble mieux prendre la mesure de ce qui se joue en incitant les salariés de VW à tout simplement vendre chèrement leur peau et même à détacher complètement leur revendication d'une garantie de salaire de tout travail effectif (c'est d'ailleurs une grande première : un groupe officiel de "communistes de gauche" qui, implicitement, reconnaît l'inanité ou au moins la caducité de la loi de la valeur!), ce qui semble aujourd'hui une base minimum pour une critique du travail et la subversion de ce monde... "à titre humain" justement.
Si ce que nous venons de soulever présente un intérêt, il devient alors compréhensible de voir pourquoi nous ne pouvons pas intervenir, dans ce type de lutte, sur la base de tracts comme celui de PI. Pour qu'il soit diffusable et surtout lisible, tout en exprimant quand même la petite musique PI, il doit faire le grand écart entre, d'un côté l'affirmation typiquement gauchiste de la trahison des syndicats vis-à-vis d'une classe révolutionnaire par essence et de l'autre, l'affirmation de la dimension proprement humaine de la révolution.
LA RÉPONSE DE PI À CE COMMENTAIRE DE JW
Ce qui est posé par les propos de JW concernant le tract de PI me paraît important. En effet, JW soulève la question de la capacité de la classe ouvrière à rompre avec la place qu’elle occupe au sein des relations sociales imposées par le développement du capitalisme. A savoir, est-ce que le prolétariat est capable de faire rupture et de se dégager des rapports d’exploitation capitalistes et de s’engager dans une démarche révolutionnaire.
La réponse de JW me semble être négative.
Dès lors on peut mieux comprendre le sens de cette intervention : toute manifestation de la classe ouvrière semble être considérée, non pas comme tentative, ou possibilité de prise de conscience, mais comme occasion de renforcer sa propre aliénation.
JW nous assène ainsi le postulat que la révolution n’est plus possible car suite à la domination réelle du capital, la loi de la valeur a envahi tous les pores de la société ; les ouvriers sont intégrés au système de consommation, et l’idéologie (actuellement : campagnes anti-terroriste) est là pour assurer leur sujétion au capitalisme. Il n’y a pas d’espoir qu’une « prise de conscience » puisse s’opérer.
Si la classe ouvrière ne peut assumer, comme semble le suggérer les propos de JW, au travers de la prise de conscience occasionnée par le développement de ses luttes, le processus révolutionnaire, si la classe ouvrière ne peut rompre avec sa situation d’exploitation et de soumission à la loi de la valeur, on peut se demander comment le changement révolutionnaire est possible ?
Le propos de JW met en exergue les luttes des exclus, d’éléments qui se sont livrés à la récupération, au pillage de magasins comme exemple d’attaques contre la logique de la loi de la valeur. Il est évident que ces exemples de radicalisme social, que l’on n’a pas à condamner, touchent essentiellement les circuits de distribution, et expriment souvent un phénomène d’accaparement individuel, de débrouille indispensable pour pouvoir survivre dans le système et reflètent trop souvent l’atomisation, en la renforçant.
Mais peut-on affirmer, comme le fait JW qu’ils participent à une remise en cause plus fondamentale de la loi de la valeur ?
De plus n’est-il pas paradoxal que JW prenne en exemple le tract de MC qui invité le prolétaire à « vendre chèrement sa peau » en revendiquant le paiement intégral des salaires, comme exemple de proposition de rupture avec la logique mercantile du système d’exploitation ? C’est parce qu’il est placé dans le rapport capitaliste que le prolétaire est contraint de se voir comme un simple objet : il est une marchandise dans le rapport social et vend sa force de travail comme marchandise également. Là se trouve la dialectique de sa situation : c’est parce que l’homme et son travail deviennent un objet que l’homme peut penser quelque chose de cet objet extérieur à lui-même. De la même manière que l’inhumanité dans laquelle le capitalisme place l’individu pousse celui-ci à retrouver son humanité, c’est le fait d’être placé dans une situation d’objet qui pousse le prolétariat à sortir de ce statut. Ce n’est pas en revendiquant une vente à un prix excessif que l’on fait avancer les choses.
D’autant plus, que les travailleurs de VW ont accepté les propositions du patronat qui proposait de payer « grassement » la prime de départ.
Ma réponse est différente.
On peut dire effectivement de la lutte ouvrière qu’elle reste dans le cadre du capitalisme. Mais, il s’agit là d’un processus qui contient, à partir de la réalité de l’exploitation, la potentialité de la réflexion commune et donc, de la remise en question et de la perception de quelque chose du rapport social où prolétariat et bourgeoisie sont placés. Mais ce n’est pas parce que le processus se met en place qu’il va nécessairement impliquer un contenu positif ou nécessairement déboucher sur des prises de conscience importantes. Néanmoins, la prise de conscience ne peut se faire en dehors de ce processus, qui est d’une certaine manière un préalable.
La lutte immédiate des prolétaires est la lutte contre les effets et non la lutte contre les causes. Ce n’est qu’après de multiples répétitions, détours, erreurs et souffrances que la « leçon de choses de l’histoire achève le processus de conscience dans le prolétariat ».
Et je pense qu’il faut différencier le contenu du processus. Le processus est la capacité, pour des individus isolés, de se grouper dans un intérêt commun, collectif, de se mettre à réfléchir à comment s’opposer, comment obtenir quelque chose qui leur est refusé (augmentation de salaire, lutte contre les licenciements).
Qu’est-ce qui permet, alors, le passage de la mise en mouvement pour obtenir quelque chose au niveau économique à la perception d’une partie de la totalité sociale ?
Il n’y a pas une opposition, ni un saut qualitatif. Il ne faut pas opposer les deux, mais plutôt les voir comme ce qui recouvre la contradiction dialectique entre but immédiat et but final, entre moment isolé, plus immédiat, et totalité, plus historique.
Le but immédiat, moment isolé, implique que le prolétariat reste soumis à la structure économique et à ses lois. Le prolétariat n’exprimera sa nature révolutionnaire que quand il sera incorporé au processus d’ensemble, càd quand il sera relié au but final, qui le renverra au-delà de la société capitaliste, et cela en dépassant la loi de la valeur et les actes de récupération. Les prolétaires ne peuvent s’emparer des forces productives sociales, pour les transformer radicalement, qu’en supprimant le mode d’appropriation qui était le leur jusqu’ici et par la suite tout l’ancien mode d’appropriation.
C’est bien cette dialectique interne qui rend la situation si difficile pour le prolétariat : satisfaire ses besoins ne peut se faire, au bout du compte, qu’en abolissant le rapport social et économique dans lequel il est placé, et non comme semble le défendre JW, par la récupération.
Pourquoi le mouvement ne développe pas la conscience de manière linéaire, pourquoi il est souvent répétition des mêmes erreurs, limites, comment sortir de ce qui a l’air d’être une impasse ?
Le fait de lutter collectivement est une première tentative de passer du statut d’objet passif placé dans un rapport social et économique à un statut de sujet reprenant une parole à propos de son existence. C’est un éveil à la réalité sociale. C’est le passage de l’individu isolé face à sa situation immédiate à quelque chose où l’homme est placé, par la relation entre son travail et la société, à la généralité. Le simple fait de pouvoir se regarder comme objet est donc, en lui-même facteur de transformation parce qu’il permet à l’individu de prendre conscience de sa position, de sa situation, et de ses intérêts communs avec d’autres, et, par là, de porter son intérêt à l’ensemble de la société. Ainsi, l’individu se relie peu à peu à la totalité.
A nouveau apparaît le caractère dialectique de la conscience : l’immédiateté qui se surmonte constamment elle-même et fait que les prolétaires peuvent incorporer, à ce mouvement immédiat, des éléments qui sont plus éloignés de leur conscience. Ce sont les éléments concrets qui suscitent l’éveil à la conscience et cette conscience transforme à son tour le prolétariat. Plus la crise économique progresse, et plus l’unité du processus économique peut être saisie dans la pratique. Il s’agit d’un élément concret de la situation immédiate qui a aussi un impact sur la perception de la totalité.
Quant à la solidarité, il est évident que l’on peut continuer à confondre solidarité et charité, solidarité et manifestation de bienveillance syndicale, solidarité et isolement,…
Mais à ma connaissance, les syndicats n’appellent pas à l’extension et à la généralisation de la lutte afin de pouvoir passer, si possible, à l’étape suivante de la conscientisation, où les travailleurs peuvent se positionner en tant que sujets, et non plus comme objets de « revendications », comme objets de « négociations ».
FD (19/12/06)
NOUVELLE REPONSE DE JW A FD (PI)
Bonjour, Je maintiens effectivement que la classe ouvrière ne peut se libérer de cette dépendance au pôle capital du rapport social capitaliste. Elle ne peut au mieux, en tant que classe, qu’inverser le rapport de force et s’affirmer comme pôle dominant ce qui fut finalement son programme dans la social-démocratie historique, puis dans le bolchévisme et certaines franges conseillistes. C’est aussi cette perspective qui ouvrait vers la théorisation des “phases de transition”. Mais ce qui était encore possible à l’époque de la domination formelle du capital ne l’est plus dans celle de la DR (je rappelle que notre caractérisation de DF/DR n’est pas essentiellement chronologique mais structurelle et se rapproche de celle établit par Camatte ou plus récemment celles de B.Astarian ou C.Charrier de “La Matérielle”.) et particulièrement depuis les grandes luttes des années 60-70 qui ont marqué le dernier assaut prolétarien, la défaite et en même temps la rupture d’un fil historique (cL Temps critiques n°12). Dans cette configuration, il ne avec les autres. s’agit pas de dire que “toute manifestation de la classe ouvrière semble être considérée (par nous)...comme occasion de renforcer sa propre aliénation”, mais de reconnaître qu’il n’y a plus de possibilité d’affirmer une identité de lutte qui soit une identité ouvrière, qu’on ne peut plus s’abuser sur la traditionnelle distinction entre luttes défensives et luttes offensives, ces dernières ouvrant sur En I clic accédez l’affirmation de la classe et les perspectives révolutionnaires. Les luttes “ouvrières” sont aujourd’hui des luttes de desesperados. Je ne mets donc pas particulièrement en avant les luttes des banlieues (je n’ai jamais employé le terme “d’exclus” car il est impropre) contre les luttes sur les lieux de travail, puisque sauf pour celles qui agitent la fonction publique et qui gardent toute leur importance dans la mesure où elles portent cette lutte dans le secteur de la reproduction, secteur où se joue aujourd’hui la crise de la société capitalisée, elles expriment souvent le même désespoir.
Que FD fasse encore la différence entre secteurs de la production et secteurs de la distribution montre à quel point il ignore le procès d’unification du capital que Marx a pourtant anticipé dès les Grundrisse. A une époque où le capital cherche à se faire flux, il raisonne encore en terme d’accumulation et de stock. En dehors du blocage de la production (matérielle qui plus est) il ne voit donc rien venir et se demande - alors “quel changement révolutionnaire est possible?”. Mais que je sache, les grèves de l’époque Celatex, Kronenbourg et autres avec leurs débordements incontrôlés, les révoltes des banlieues, la lutte anti-CPE et même celle de VW ne sont pas des luttes de producteurs, mais justement d’individus qui ne produisent pas ou à qui on interdit Sous-entendre, comme le fait FD, que la c1asse ouvrière est au centre du processus révolutionnaire de par sa position dans la production et par ses capacités de blocage est aujourd’hui digne de F0 et de la CNT Vignoles, les afficionados de la grève générale! En attendant, comme le reconnaît FD, les salariés de VW ont empochés la prime, mais cela ne renforce nullement leur propre aliénation. Et dire que cela n’ouvre pas de perspective n’est pas reconnaître que la révolution n’est pas possible.
FD semble ne pas comprendre ce que j’entends par loi de la valeur (il y a pourtant possibilité de se procurer nos textes sur la valeur: “La valeur sans le travail”, “L’évanescence de la valeur”) et volontairement ou non confond constamment la valeur et valeur quand je parle de caducité de la loi de la valeur (sous-entendu “valeur-travail” dans ma remarque par rapport au tract de MC), il me répond en me disant que la valeur est partout ! C’est exactement ce que nous soutenons et c’est bien pour cela que la loi de la valeur ne s’applique pas (ou plus suivant l’angle de critique). Je ne voudrais pas me moquer mais comment réagir face à la phrase qui énonce que “Ce n’est pas en revendiquant un prix excessif que l’on fait avancer les choses”.
Je n’invente rien, mais je vois d’ici les mauvais jours qui nous attendraient dans une “phase de transition” à la FD, dans laquelle le socialisme serait marqué par son caractère peu “excessif’ et on ne voit pas quelle mouche piquerait les prolétaires pour qu’ils s’y précipitent.
Plusieurs dogmes sont ici condensés : la croyance (religieuse) dans la loi de la valeur, mais comme revisitée par le point de vue moraliste et proudhonien du “juste prix” ; la force de travail conçue comme une pure marchandise indépendamment des rapports de force. On retrouve cette pensée mythique quand il nous est dit que le capitalisme est inhumain et que le prolétariat devra retrouver son humanité. Le capitalisme n’est pas vu comme un rapport social, mais comme une sorte de monstre contre lequel une classe particulière (symbolisant l’humanité du travail productif je suppose) possédant une “nature révolutionnaire” (FD) doit s’élever et apporter la révélation : l’humanité de l’homme (Mon Dieu, faîtes que cela arrive et vite». Elle sévit encore quand on nous dit que “plus la crise économique progresse, et plus l’unité du processus économique peut être saisi dans la pratique. Il s’agit d’un élément concret de la situation immédiate qui a aussi un impact sur la perception de la totalité”. Ce dernier point me fournit une transition pour terminer sur la question de la conscience : le fait que la valeur semble triompher partout (je ne développe pas ici le fait de savoir si en fait il y a bien triomphe ou autonomisation ou évanescence suivant les perspectives critiques énoncées) n’est pas ce qui bloque la conscience.
Là encore FD ne conçoit pas le capital comme rapport social. Il oppose une nature de l’homme (il parle de “satisfaire des besoins”, une autre façon de dire que la valeur d’usage est bonne) à un système d’exploitation extérieur qui le domine (le système de consommation”, une autre façon de dire que la valeur d’échange est mauvaise). Le second recouvrirait la première comme une fausse conscience qu’il faudrait déchirer, un usage qu’il faudrait libérer. Le reste de l’argumentation, je , suppose, est du même type ; il y a d’un côté les prolétaires et de l’autre la société, d’un côté les prolétaires et de l’autre un Etat, simple émanation de la classe dominante et ainsi de suite. La conscience est alors le produit de la lutte pratique et collective contre la fausse conscience qui est idéologie. Mais alors la conscience aurait dû accumuler un véritable trésor de guerre au cours de près de deux siècles de luttes et le masque de l’idéologie devrait être déchirée depuis longtemps. D’une manière plus générale, ce n’est pas l’idéologie qui se dresse devant nous, mais le monde, notre monde, celui que nous produisons et reproduisons (c’est ça la dépendance réciproque travail/capital), celui que nous pouvons aussi subvertir, mais rien n’est inéluctable, ni la crise (combien de fois a-t-elle été annoncée sous sa forme de “crise finale” ou sous sa forme plus soft d’une “crise qui s’approfondit” ou de la “crise CJ économique qui progresse” de FD), ni la révolution. -
26/12/2006
DERNIERE REPONSE DE FD (PI) à JW
Je continue à me référer, malgré les changements intervenus au sein du K, à une tradition ouvrière de discussions où l'on peut prendre en considération des appréciations différentes sans avoir à ridiculiser, à déformer la pensée de l'autre. Dans la réponse que je formule à JW, je me réfère à ce qu'il écrit, et présume qu'il fait de même. Il est exact, que pour répondre je ne me suis pas référé aux ouvrages qu'il cite. De même, il n'a pas pris en compte les textes de PI qui fondent la base de mon raisonnement.
On peut dès lors comprendre certaines distorsions dans l'appréhension de la pensée de l'autre.
La question en débat est relativement simple et ne demande pas de circonlocutions abstraites, et je la répète : si le prolétariat n'est plus le sujet révolutionnaire, en devenir, qui donc peut remplir cette fonction ?
La réponse donnée, telle que je peux la recevoir au travers d'une lecture probablement aliénée et d'une interprétation que j'espère non dogmatique, élude quelque peu le problème. JW positionne le problème sans appréhender, me semble-t-il la question de la réification. La classe ouvrière est classe pour le capital, pour reprendre de vieilles formulations, et est destinée à le rester, à cause de sa soumission réelle au capital. Cette affirmation se doit d'être discutée, et diverses explications ont été fournies pour tenter de comprendre cette situation. Mais ce que je soulève comme problème n'est pas celui de la nature du lien aliéné au capital d'aujourd'hui, où de son évolution historique, où des changements qui se sont opérés au sein du K, mais celui du dépassement possible ou non de la réification.
Je ne reçois aucune réponse, sauf l'affirmation d'être traité de dogmatique, suite à ma réaffirmation, peut être trop schématique, que le prolétariat continue à constituer, pour le K, une contradiction.
Si ce n'est pas le cas, il faut accepter la réification comme chosification inéluctable, comme mouvement rendant impossible tout dépassement, rendant impensable toute situation d'autonomisation de la pensée, toute tentative de remise en question de la situation d'aliénation, toute possibilité concrète de mettre à mal la réification et d'ouvrir ainsi la possibilité, à partir des conditions matérielles faites à la classe ouvrière, de construire d'autres rapports sociaux.
C'est pour cela que PI ne formule aucune revendication, qu'elle soit minimale ou maximale du genre "vendre chèrement sa peau". Par contre, ce que nous défendons, c'est la nécessité d'union, de solidarité qui me paraissent des éléments qui demandent une détermination consciente permettant le dépassement de l'atomisation, de la parcellisation, de ce que la postmodernité met en oeuvre aujourd'hui.
A VW, ce qui est posé, ce n'est pas la fermeture de l'usine, mais sa rentabilisation maximale, en remplaçant le facteur humain par la machine. Il s'agit là du procès normal - historique - pour l'accumulation du K. Et il exact que les revendications syndicales n'y peuvent rien. Et la paralysie d'usine, de même. Par contre, ce qui se passe, entre les travailleurs (futurs exclus de la production ou non) relève d'autre chose et risque de provoquer autre chose. En effet, tous ces travailleurs (en grève, au travail, solidaires, actifs, ou non,...) risquent de développer, en parole et en actes, un questionnement pouvant conduire à cet autre chose, à imaginer que l'acceptation pure et simple de la restructuration n'est peut être pas la seule solution.
En tout, cas la bourgeoisie en Belgique l'a compris. Elle met tout en oeuvre pour que ce questionnement n'apparaisse pas en renforçant le discours idéologique au travers de ses organes traditionnels que sont les syndicats, mais aussi en faisant descendre dans la rue le PS gouvernemental, en envoyant le Premier Ministre libéral "négocier" avec le patronat "allemand". Le comble de cette offensive idéologique a été le discours du Roi des Belges, à Noël qui a commencé son allocution par une pensée adressée aux ouvriers de VW !!!
A quoi correspond tout cela ? Pourquoi un tel battage médiatique, si ce n'est pour tenter d'atténuer les risques de réactions de cette classe ouvrière qui en arrêtant le travail, coupe également le lien de réification, dépasse dans les faits, par cet acte négatif de NON TRAVAIL la détermination chosifiée à la valorisation, se positionne, même si c'est encore de manière minimale, non plus comme prolongement de la machine, mais comme artisan possible d'une réflexion solidaire ouvrant d'autres horizons possibles.
Malheureusement, il n'y a pas "accumulation" de la conscience de classe, mais des leçons peuvent être tirées des expériences passées et véhiculées au sein de la classe. Par contre la bourgeoisie dispose de creusets universitaires où les armes idéologiques peuvent être remodelés, réadaptés aux besoins
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